Bayonetta

Platinum Games, un studio de développement de jeux vidéo fondé par d’anciens membre de Capcom commence doucement, mais sûrement, à se faire un nom sur la scène vidéoludique, Que ce soit avec Madworld, infinite space ou plus récemment Vanquish. Et c’est de ce studio, dirigé par Hideki Kamiya (qui a également travaillé sur Ôkami, Resident evil 1, 2 et Zero, Viewtiful Joe) qu’est né Bayonetta, un beat them all qui rappellera à beaucoup un certain Devil may cry de part son gameplay et sa folie (ce qui est normal, vu que c’est la même personne derrière). Mais réduire Bayonetta à un simple DMC avec une fille à tendance sado-maso ne serait pas apprécier le jeu à sa juste valeur.

Dès le début du jeu, vous serez amenés à contrôler Bayonetta, alors qu’elle se trouve sur un clocher en chute libre à se battre contre des créatures angéliques tout en défiant les lois de la gravité sous le son de chœurs puissants et d’une voix off divine vous contant le background de l’histoire. Pas de tutoriel, pas de barre de vie ou autre interface visuelle, tout ce que vous pouvez faire c’est de marteler les touches au hasard, sortant des combos au pif en espérant tuer le plus d’ange possible. Cette introduction puissante est suivi d’une cinématique plus en contraste, dans un cimetière, des pierres tombales sur lesquelles sont marqués les crédits du jeu, une espèce de parodie de mafieux qui me fait furieusement rappeler Léo Getz (incarné par joe Pesci dans L’arme fatale 2 à 4) qui se soulage sur la tombe d’Hideki Kamiya lors de l’enterrement d’un malfrat, derrière les prières d’une none. Tout cela nous fait penser à un film de gangster de série B jusqu’à ce que cela soit interrompue par une intervention d’ange venu réclamer l’âme du défunt, une chorale, une lumière sacrée, une image d’une beauté divine brutalement interrompu par la none qui se met à tabasser les anges sous un air de pop musique. Cet introduction est à l’image de ce que le jeu a à nous proposer, nous nageons en pleine folie !

Un apéro classique avec Bayonetta

Bayonetta est un Beat them all tout ce qu’il y a de plus classique dans sa structure : des niveaux, eux même divisés en versets, chaque verset étant un passage du niveau (en général des combats) qui sera noté (notations qui dépendent du style, des combos, de la vie perdue, de la vitesse… ), les notes sont regroupés à la fin du niveau pour créer une note globale. Chaque niveau possède des lieux/versets cachés, si vous en ratez un, cela se répercutera sur la note globale du niveau. Vous avez également des missions cachés (compté comme un verset), à l’instar des missions secrètes de Devil may cry vous aurez un objectif à remplir (comme tuer des ennemis dans une limite de temps, sans utiliser certains coups, en combo aérien…), ces missions sont récompensés par une partie d’extension de vie.

Afin de vous défaire du bestiaire angélique qui vous barrera la route tout le long du jeu, Bayonetta se verra attribuer un panel de mouvement classique, mais à l’exécution efficace : 2 touches d’attaques (une pour les poings et l’autre pour les pieds), une touche de saut, une touche de tire pour les armes à feu, un bouton de lock et une touche d’esquive. Malgré le classicisme apparent des mécaniques de jeu, Bayonetta s’impose grâce à un nombre de combo énorme, des joutes dynamiques dont le nerf de la guerre repose sur l’esquive et le timing. En effet, si vous esquivez une attaque ennemie au dernier moment, vous entrerez en mode witch time, pendant le witch time le temps est ralenti et la puissance de vos coups démultiplié, un mode, qui rend les joutes dynamiques et parfois bordélique dû à un nombre d’ennemi important (et aussi à une caméra parfois capricieuse), bien plus simple. Certains ennemis sont également uniquement vulnérable en witch time, comme les ennemis enflammés qui vous feront des dégâts si vous les frappez hors witch time. Il n’est par contre pas conseillé d’y être dépendant, certains ennemis y sont insensibles, et surtout les modes de difficulté supérieur voient le witch time de moins en moins présent (il est même carrément inexistant en mode infinite climax). Le temps est un élément omniprésent dans le gameplay de Bayonetta et sera utilisé à plusieurs reprises à l’occasion de certains passages du jeu.

Bayonetta tout en finesse

En plus de la traditionnelle jauge de vie vous possédez également une jauge de magie, qui augmente en attaquant vos ennemis et diminue lorsque vous vous faites toucher, cette jauge de magie gère les divers transformations et attaques spéciales de Bayonetta. A l’instar d’un Devil may cry vous avez également la possibilité d’upgrader les capacités du personnage, des accessoires, des armes, des nouveaux coups, des transformations , des extensions de vie/magie ainsi que des objets aux effets divers, tout ce la s’achète avec des « halos » qui sont laissés par les ennemis ou que vous recevez en fonction de votre note de fin de niveau. Enfin vous l’auriez compris, malgré le dynamisme et le fun des joutes, Bayonetta n’est pas ici pour révolutionner le modèle du Beat them all, mais pour offrir au joueur, une expérience de jeu complètement délirante. Vous incarnez Bayonetta, une sorcière amnésique qui sera amenée à la recherche l’oeil droit, une partie de l’artefact sacré qui s’appelle l’oeil du monde, une histoire qui sert uniquement de prétexte à une débauche d’excentricité et de délire over the top. J’insiste sur le côté over the top qui est vraiment représentatif de ce qu’est l’aventure de Bayonetta, une montée en puissance perpétuelle, une oeuvre déjantée, un final apocalyptique !

Des boss gigantesques

Le départ de tout cela est le personnage de Bayonetta, une femme au physique disproportionné, ses hanches, ses jambes, son CUL ! Des attributs exagérés qui accompagne un design de maîtresse d’école sexy à tendance sado-masochiste, une sucette qu’elle affiche de manière obscène. Tout dans le personnage sent le fétiche de film porno, pourtant cette caricature n’est que la partie apparente de l’iceberg, et malgré les commerciaux qui ont vendu le jeu en mettant en avant la partie « sexuelle » de Bayonetta cache la grosse partie immergée de l’iceberg (et non, je ne parle pas de son CUL !). C’est un personnage qui fait preuve d’auto-dérision, qui à de la répartie, qui est forte, elle mène les hommes (et les anges) par le bout du nez, son côté déluré est surtout mis en avant pour l’aspect déjanté du jeu et des combats, avec des techniques qui finissent en poses de camwhore, ses vêtements (composés de ses cheveux) qui la laisse a poil le temps d’un finish démentiel, des passages de breakdance surréaliste avec des ennemies, elle s’amuse avec son corps et on s’éclate simplement avec elle. Mais le personnage ne s’arrête pas à cette facette, elle montrera également des pulsions plus humaines, parfois maternelle envers la jeune Cereza, petite fille impliquée malgré elle dans l’histoire.

On aurait presque de la peine pour l'ennemi

Parlons d’ailleurs des personnages non moins étranges de l’univers du jeu, en commençant par Jeanne antagoniste de Bayonetta qui a les même pouvoir que celle ci et dont les dialogues et confrontations font partie des plus intenses moments du jeu, Luka, personnage un peu moins déjanté que le reste du casting qui a pourtant un lien assez fort avec notre sorcière bien aimée. Et même si l’on peut regretter le passage complet au second plan d’Enzo, on pourra toujours se consoler auprès de Rodin, émissaire des enfers faisant le rôle de Barman/trafiquant d’arme, avec son crâne chauve et son regard à la Terminator, il se démarque lors des passages dans son « magasin » avec des répliques pleines de références. Références présentes tout au long du jeu, souvent à des jeux de Clover studio ou Capcom, que l’on voit Bayonetta lancer un « Let’s rock baby ! » ou voir les halos, la fameuse monnaie du jeu, pas mal ressembler aux halos de Sonic. Le jeu ne recule devant rien, et surtout pas devant le ridicule pour offrir du fun à l’état pur, un monde qui nous fait passer d’un paysage plutôt réaliste d’un petit village d’Europe ou de l’intérieur d’un gratte ciel, en passant par des lieux complètement surréalistes, affilié au paradis, où là vous pourrez parfois faire complètement abstraction de la gravité jusqu’à ne plus savoir où vous vous trouvez.

Des combats à l’esthétisme folle, des talons aiguilles géants qui apparaissent de n’importe où, des attaques punition où Bayonetta fait apparaître divers instruments de torture comme des iron maiden, des tronçonneuses et autres joyeusetés dont je ne connais même pas le nom, des finish qui font transformer ses cheveux en monstres infernaux démesurés qui dévorent les ennemis ! L’arsenal de bayonetta qui, même si elle commence de manière « basique », (si l’on considère comme basique de mettre des armes a feu comme talon aiguille) peu s’équiper par la suite d’un fouet voire carrément de lance roquette tonfa des pieds à la tête, sans compter les divers transformations en panthère ou chauve souris. Cette débauche de puissance est là pour faire face à des ennemis qui là encore ont des têtes de gagnants, de prime abord angélique, au fur et à mesure qu’ils se prennent des coups, ils laissent apparaître leur véritable forme qui est plus proche d’un tas de chair informe qu’autre chose, des ennemis vaisseaux qui balance des salves de missiles, des créatures femelles qui tentent de voler la vedette à Bayonetta dans le camwhorisme, des boss qui rivalisent de taille pour des combats absolument épiques. Sans parler des séquences de gameplay spéciaux à moto ou de shoot sur une roquette. Il est difficile de parler de l’aspect extravagant de Bayonetta autrement que par des superlatifs.

Don't fuck with me

Niveau réalisation le jeu est correcte, ce n’est pas un monstre de détail, avec des textures qui en mettent plein la vue, mais l’univers a suffisamment de personnalité pour que l’on passe outre ses faiblesses graphiques. Tant que l’on parle des faiblesses du jeu on peut aussi mentionner une caméra parfois capricieuse, des séances de gameplay à l’intérêt ludique plus douteuse (le passage shoot them up est assez lourd ainsi que la moto). Un Luka pas vraiment pertinents dans l’univers du jeu (il casse un peu le délire je trouve), des loadings un peu long, même si on peut s’amuser à faire des combos pendant ceux-ci. L’histoire est vraiment anecdotique et n’est là que pour mettre en valeur toute l’excentricitée du jeu.
Tout ces délires visuels sont accompagnés d’une OST (composé par l’équipe d’Hiroshi Yamaguchi) à deux facettes prédominantes, la première étant celle qui s’apparente au Paradis, des choeurs puissants, des sonorités d’église, des musiques épiques, parfois contemplatifs dans des paysages surréalistes. Et de l’autre côté une musique plus pop, devoir dessouder des anges sous un remake de Fly me to the moon est une expérience plutôt spéciale. En tout cas l’OST a été soigné et est l’un des gros atout du jeu, un monstre de 150 musiques répartie sur 5 CD !

Mais quel CUL !

Bayonetta est une expérience de jeu complètement déjanté et débridé, l’extravagance du design de Bayonetta, des affrontements, de la montée en puissance perpétuelle du jeu pour atteindre un final cataclysmique et percutant, une OST divine, un univers visuel sans dessus dessous (dans tous les sens du terme), une héroïne charismatique et marquante, un jeu qui se veut à la fois accessible pour les débutants et hardcore pour les challengers (avec les modes de difficultés et les notes), des bonus comme des nouvelles tenues pour Bayonetta, un jeu blindé de références. Les mots me manque pour rendre justice à l’énorme expérience que fût Bayonetta, un jeu qui ne révolutionne pas les conventions du beat them all, mais qui se place immanquablement au sommet du genre!

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